Le départ et le changement de plan
24 nov. Nous sommes partis de chez nous le 24 octobre 2010 avec notre camper-van et l’intention de traverser au Mexique en passant par le Texas.
Mais la guerre des cartels de la drogue à la frontière du coté du Mexique nous a fait changer d’idée. Nous conservons l'idée de visiter l'Amérique Centrale cet hiver et le Sud-ouest des USA en revenant au printemps. Il a donc fallu faire un effort de réorganisation assez sérieux. Nous nous sommes donc rendus à Phoenix, nous y avons entreposé notre camper en sécurité et nous avons pris l’avion pour San José, Costa Rica. Nous reviendrons à Phoenix en mars pour visiter les magnifiques parcs de la région et retourner passer l'été chez nous, le plus beau pays du monde... l'été.
Le Costa Rica
12 nov. Nous nous rendons à Liberia, la deuxième ville du pays.
14 nov. Nous y avons fait notre premier volcan : El Rincon de la Vieja (le Coin de la Vieille), 16 km de marche avec un dénivelé de 1000 mètres. Un peu courbaturés le lendemain mais la forme est encore bonne.
Diane au sommet du Rincon de la Vieja
15 nov. Quelques jours de repos à la plage. Nous nous rendons à Playa del Coco et faisons une réflexion sur notre première semaine au Costa Rica. Nous sommes un peu déçus : il y a beaucoup d’américains et le coût de la vie est aussi élevé qu’aux USA. À Playa del Coco, par exemple, les hôtels que nous avons visités sont pour la plupart tenus par des Américains souvent mariés à des hispanophones. L’auberge où nous logeons appartient un américain retraité qui passe ses journées à prendre un coup avec ses amis ou à jouer au golf pendant que sa jeune épouse colombienne se tape tout le travail. Donc, on met en pratique un principe à la base de notre façon de voyager : on se sent bien, on y reste; sinon, on va ailleurs. On nous a dit que le Nicaragua était comme le Costa Rica il y a 30 ans.
19 nov. Nous prenons le bus pour Granada, la plus belle ville du Nicaragua, dit-on. À la frontière nous sentons déjà que nous entrons dans un autre monde : la poussière, des quêteux comme la dame qui tend une main tout en tenant de l’autre un enfant infirme, les vendeurs de nourriture et de babioles de toutes sortes pour les touristes. Après les formalités douanières qui ont duré deux heures on remonte dans le bus pour Granada. Nous nous sentons très bien accueillis par l’immense lac Nicaragua et ses deux magnifiques volcans qui forment l’île Ometepe que nous avons bien l’intention de visiter plus tard. On arrive à Granada, magnifique ville coloniale.
La cathédrale à Granada
L’atmosphère est détendue, les gens sont accueillants. Les guesthouses sont plutôt minables. Nous nous installons tant bien que mal dans une chambre sans fenêtre qui ressemble à un cachot et nous allons prendre notre souper au deuxième étage d’un bon restaurant avec vu sur le Parque Central. À la première page du menu, une page de recommandations : ne pas donner aux enfants qui quêtent. Ils sont riches, ils ont leur maison, ils ne vont pas à l’école, ils n’apprennent pas à travailler et se tournent souvent vers la délinquance et la drogue qu’ils achètent avec cet argent trop facilement gagner.
Ceci a confirmé ce que j’ai toujours pensé : donner aux quêteux, ce n’est pas leur aider. Je revois plusieurs situations vécues en voyage. Au Pérou lors d’un arrêt d’autobus dans un site touristique, il y avait une dizaine de personnes, des femmes surtout qui quêtaient les touristes descendus du bus; celle qui récoltait le plus de dons avait des plaies dans la figures et sur les bras, la chanceuse. Les autres semblaient l’envier parce c’est à elle que les touristes donnaient. Pensez-vous qu’elle allait se soigner avec cet argent et perdre sa principale source de revenu? Je repense à un guide touristique qui disait que les enfants népalais avaient des problèmes de carie dentaire parce que les touristes les bourraient de bonbons. Comme je l’ai appris dans ma formation classique et comme me le disait un marocain lorsqu’une dame nous quêtait au Maroc: "Donne un poison à un affamé et tu le nourris pour la journée; apprends-lui à pêcher et tu le nourris pour la vie."
Ma façon personnelle d’aider les pays pauvres c’est de voyager dans leur pays, dépenser mon argent en achetant des services et ce que j’ai besoin en donnant mon argent directement au peuple du pays.
20 nov. Après notre première nuit dans le cachot à air climatisé très bruyant, on cherche quelque chose de mieux tout en visitant la ville. On veut passer au moins une semaine à Granada. On trouve un magnifique appartement tout meublé pour le même prix que le cachot. Le gros confort avec vue sur le volcan Mombacho. Il a toujours la tête dans les nuages.
La tête dans les nuage, pas moi, le volcan Mombacho
On magasine un moyen d'aller voir ce volcan. Le taxi peut nous conduire jusqu’en haut et on ferait le tour du cratère en une heure de marche; ou bien on prend l’autobus du peuple, on débarque en bas et on monte à pied pour faire 12 km de marche.
23 nov. C’est au tour de la ville de Masaya d’avoir le privilège de notre visite. On prend le bus du peuple. On veut faire un aller-retour pour trouver un hôtel, voir la ville et on reviendra pour le volcan. On débarque au marché municipal. Pas de touristes. Le vrai marché du peuple. Immense fouillis. Des vendeurs partout installés dans leur petit coin ou déambulant avec leurs marchandises : petits sacs d’eau ou de boissons fruitées, galettes, bananes frites, toutes sortes de gidis qu'ils portent sur la tête ou au bout du bras. Ce n’est pas pour les touristes car il y en a très peu, c’est le marché municipal des gens du pays. Bien sûr notre allure touristique attire l’attention mais les gens sont très corrects avec nous : le prix juste sans nécessité de marchander. J’ai un plan de la ville. On jette un coup d’œil au marché qu’on visitera plus tard et on va vers notre objectif principal : trouver un hôtel. Cette recherche d’hôtel nous permet de connaître la ville. Après quelques heures et un bon dîner on réserve notre chambre et on revient en bus à Granada.
25 nov. On choisit le taxi pour aller sur le volcan Mombacho. On marche dans le nuage sans rien voir en bas. On se contente de sentir quelques fumerolles et déguster le plaisir d'une petite marche en montagne.
27 nov. On retourne voir le Mombacho mais cette fois-ci on prend le bus qui nous débarque sur le chemin principal et nous montons à pied. 12 km de marche. Le sommet est dégagé cette fois et nous sommes récompensés par une vue lointaine sur ville de Granada.
Diane au sommet du Mombacho
29 nov. On retourne en bus à Masaya pour faire le volcan du même non. Nous avons rencontré une jeune française qui a étudié un an à l’université de Montréal et ensuite elle est descendue jusqu’au Nicaragua en visitant les pays. Elle voyage seule et se donne 3 ans pour faire le tour du monde. Elle vient visiter le volcan avec nous. Très sympa.
Diane et Yolaine (la française) sur le volcan Masaya
On a bien ri avec elle. Nous l’avions rencontrée au marché des artisans la veille. Elle mangeait seule à sa table. Elle a reconnu notre accent québécois et elle est venue nous parler. Nous avons décidé d’aller monter le volcan Masaya ensemble le lendemain. On se donne rendez-vous au coin de la rue au parc central. Elle mesure six pied et ce jour là elle avait mis ses culottes courtes parce qu’elle se sentait bien en confiance et protégée avec nous. Pour comprendre la situation suivante, il faut savoir qu’au Nicaragua les autobus sont à moitié vide quand tous les sièges sont remplis et qu’il y a encore de la place quand l’allée est bien est pleine. Donc en revenant du volcan on attend le bus sur le bord de la route. Un mini bus arrête, à peu près de la grandeur de mon camper-van mais sans le toit surélevé. Les sièges sont remplis (trois personnes par banc s’il y a de la place pour deux), il y a déjà six personnes debout et on nous incite à monter. Imaginer notre amie Yolaine, debout pliée en deux, le haut de ses belles grandes jambes à la hauteur du nez d’un monsieur assis qui faisait semblant d’être intéressé par le décor extérieur. Diane dit à Yolaine en riant : « Tu pourrais t’asseoir sur ses genoux ». Je rajoute : « Ou sur son épaule ». On a bien ri tous les trois. Heureusement, personne ne parlait français. Nous avons terminé notre journée avec une bonne bière et un repas ensemble… et elle disparaît de notre vie comme la plupart des belles personnes qu’on rencontre en voyage.
1er déc. Retour à Granada. Nous assistons à la procession de l'Immaculée Conception, la Purisima. 16 personnes transpirent en promenant sur leurs épaules une statue de la Sainte Vierge grandeur nature sur une épaisse plateforme de bois. Les rues et le parc central sont bondés de monde. En entend des pétards partout et ça dure toute la nuit. Ça boit, ça festoie toute la nuit au son des pétards et de la musique à tue-tête. Notre nuit est à moitié blanche, mais on accepte, on doit s'adapter; qui prend pays prend habit-udes.
3 déc. Départ pour Léon, une autre ville coloniale du Nicaragua.
Léon, où suis-je?
4 déc. Un aller-retour en transport public pour trouver un hôtel à Las Pénitas car nous projetons d’aller passer quelques jours à la plage.

7 déc. Ascension du volcan Cerro Negro. Le plus jeune volcan du Nicaragua. Voyez le champ de lave qui se découpe sur la verdure. Un guide nous informait de l'histoire et de la géologie du volcan. On a pris 1.30h à monter et 5 minutes à descendre en courrant dans la poussière et la pierre fine de l'irruption.
Le soir, à notre retour à Léon, on assiste à une autre procession pour la fête de la Vierge. Les pétards et le feux d'artifice à 6 h. et à minuit. Mais cette fois-ci, nous avons très bien dormi toute la nuit. Je ne sais pas si les gens on été plus tranquilles qu'à Granada ou si c'est parce que nous avions notre volcan dans le corps.
8 déc. On s'en va à la plage de Las Pénitas. C'est la grosse vie de pacha.
Ce n'est pas un tableau
C'est ici que je fais mon premier blog sur ce voyage en Amérique Centrale. J'y mets beaucoup de temps mais j'y retrouve aussi un certain plaisir. Ça fait travailler mes neurones et ça permet de réviser notre voyage pour mieux le réorienter.
Notre prochaine étape: Matagalpa, en montagnes au centre nord du Nicaragua, les plantations de café, les fermes... Il paraît que les gens sont bien accueillants.
Si vous regarder ce blog jusqu'ici, j'aimerais bien que vous m'écriviez quelques commentaires. Ça me fera vraiment plaisir, je saurai combien de personnes m'auront lu et ça va m'encourager à continuer.
À bientôt,
Adrien